Grey Wiese
La liberté d’être soi-même
Dans l’interview accordée à Ksenia Sobchak, Sergey Grigoryev-Appolonov — Grey Wiese — apparaît non pas simplement comme un blogueur parisien excentrique, mais comme un homme qui est passé de la rigidité du monde corporate à une vie construite autour de sa propre individualité.
Paris devient presque le deuxième personnage de l’histoire. Marchés aux puces, argenterie vintage, Christofle, avenue Montaigne, Dior, Chanel, cristal ancien et tables dressées avec une précision impeccable composent l’esthétique Grey Wiese. Mais derrière cette apparente sophistication se cache un parcours bien plus complexe : Saratov, des études à l’Académie de l’administration publique, un départ pour l’Allemagne, une carrière réussie dans l’industrie pharmaceutique, puis un tournant plus tardif vers la musique et les réseaux sociaux.
Comme le raconte Sergey, son goût pour les belles choses remonte à l’enfance. Sa mère ne conservait pas les services de table « pour une occasion spéciale » : ils étaient utilisés au quotidien. Même lorsque les moyens financiers étaient modestes, la table devait toujours être joliment dressée.
Le véritable tournant survient en Allemagne. Sergey avait tout d’une réussite européenne classique : un poste à responsabilités, de bons revenus, de l’immobilier, des voitures et de nombreux déplacements professionnels. Mais peu à peu, cette stabilité commence à ressembler à la répétition permanente du même scénario. Les cours de chant, un compte Instagram tenu secret et le pseudonyme Grey Wiese deviennent ses premières échappées hors du rôle du cadre corporate.
Plus tard, lorsqu’il tente de construire une carrière dans le show-business russe, Sergey se retrouve à nouveau confronté à l’obligation de se conformer : modifier son apparence, changer sa manière de parler, devenir moins visible. Aujourd’hui, les talons, les mini-jupes et les silhouettes volontairement féminines sont devenus les éléments emblématiques de son style, même si Sergey se souvient que son goût pour les talons remonte déjà à l’adolescence, lorsqu’il portait chez lui les chaussures de sa mère.
C’est précisément pour cette raison que le véritable luxe dans l’histoire de Grey Wiese n’est ni un Birkin, ni l’argenterie, ni un appartement à proximité de l’avenue Montaigne.
C’est la liberté de ne plus jouer le rôle de quelqu’un d’autre.
Derrière cette image parisienne spectaculaire se trouve un homme qui a complètement réinventé sa vie à plusieurs reprises — jusqu’à faire de son individualité l’élément central de son image publique.
Son véritable luxe est la liberté d’être lui-même.